Au pays de Brel (9): Bruxelles et les alentours
Auteur : Jean-Guy Daigle
Malheur à qui peut préférer le verbe être au verbe avoir, je sais son désespoir. […] Les hommes sont malheureux parce qu’ils ne réalisent pas les rêves qu’ils ont. […] La qualité d’un homme se calcule à sa démesure ; tentez, essayez, échouez même, ce sera votre réussite. [ ...] Il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adultes. […] Heureux les amants que nous sommes et qui demain, loin l’un de l’autre s’aimeront par dessus les hommes. […] Il faudrait arriver à n’avoir que des tentations relativement nobles. Et à ce moment-là, il est urgent d’y succomber. Même si c’est dangereux. Même si c’est impossible. Surtout si c’est impossible. Jacques Brel
Il fallait bien que je mette à l’honneur dans cette dernière chronique, peut-être le plus grand ambassadeur de la Belgique, le grand chansonnier que j’estime par-dessus les autres, Jacques Brel. Conscient de laisser de côté bien d’autres grands noms comme Hergé, Simenon, Maurane, Schmitt, Nothomb, Geluck, etc. Ultime destination : Bruxelles, la capitale européenne dont on entend parler souvent dans l’actualité. Peut-être même que c’est à cause d’elle que la pays reste uni encore mais jusqu’à quand? Nous approchons de la fin de l’escapade flamande. Mais il nous reste encore cinq jours et pas question de ne pas en profiter à plein! Cap sur la capitale belge qui n’a de cesse de faire les affaires en anglais dorénavant, en commençant par son aéroport. En passant d’abord par Tournai. Ville wallonne traversée par l’Escaut. Une autre belle cathédrale Notre-Dame à visiter. Pourquoi donc toujours en l’honneur de la mère de Jésus? Pourquoi m’en étonner : la dévotion mariale est omniprésente en catholicité tout simplement. On se laisse captiver par l’immense cathédrale aux cinq clochers dans un vaste chantier de restauration. Génies un peu fous, ces constructeurs de cathédrales avec les moyens qu’ils avaient à l’époque par-dessus marché. Nous allons nous attarder à sillonner ses riches musées. Un lunch pris à la sauvette avec les amis Aline et Robert pour nous permettre une longue marche à travers le centre-ville. Pour y découvrir son histoire, ses attractions de tout genre, entre autres, le beffroi, les quais de l’Escaut, la vie de quartier.
Une autre surprise nous attendait. On se demandait bien laquelle quand notre guide demanda à Hubert de prendre les petites routes de campagne, parfois à une seule voie, en oubliant même l’horaire de la rentrée à l’hôtel. C’était le château de Van Gaasbeek au milieu de collines ondulantes à l’approche de Bruxelles. L’original datait du moyen-âge mais l’actuel fut profondément restauré au 19e siècle, rapporte le dépliant remis à l’entrée, grâce à la bienveillance de la marquise Arconati Visconti. Un guide amoureux de son château ne sera pas chiche de son temps et des ses commentaires pour nous le faire découvrir dans toutes ses splendeurs : tapisseries, meubles, sculptures et autres objets de grande valeur. Hubert malgré qu’il se fait tard, nous fera un tour de ville pour nous faire voir entre autres, l’Atomium, vestige de l’exposition universelle de 1958 avant d’arriver au First Flat hôtel, le plus confortable de notre virée toute flamande, comme pour finir en beauté, quoi! Même si j’allais m’éclipser immédiatement après le souper pris en vitesse car des amis de longue date sont venus me chercher pour passer 24 heures avec eux. Je veux parler de Claudine G. et Bernard T. habitant à Jumet en banlieue de Charleroi. De belles retrouvailles qui allaient se solder en fin de journée par des recevailles dans un resto italien avec d’autres amis qui ont vécu aussi des échanges scolaires.
Si je me réfère au programme donc pour cette première journée à Bruxelles, ce fut la visite guidée de la Grand-Place, passage obligé pour tout touriste, le Mannenken Pis, la rue des Bouchers, les Galeries Saint-Hubert, la cathédrale fraîchement restaurée Saints-Michel et Gudule, ce que je reprendrai le dernier jour avec Réal et François. Le lendemain, Hubert se fera un plaisir de nous amener dans la ville qu’il habite, Liège, pays de Georges Simenon et du musicien César Franck, aussi la capitale de la Wallonie où il fait bon vivre. D’abord impressionné par l’édifice tout à fait moderne qui loge la nouvelle gare, comme celle que nous allons prendre à Anvers le jour suivant. Un tour de ville va nous conduire dans la vieille ville à la collégiale Saint-Barthélemy de style roman avec ses tours jumelles qui nous ouvrit ses portes non pas sans insister, abritant de nombreuses œuvres d’art dont des fonts baptismaux. Puis un musée pas très loin pour s’y perdre : le Musée Grand Curtius, regroupant les anciens musées d’archéologie, du verre, d’armes, d’art mosan et d’art religieux. Reprenant la marche en passant devant l’ancien Palais des princes-évêques et la maison de l’Opéra, Hubert nous attend au Peket, restaurant rustique typique où il nous offre un apéro à base de grain et de fruits des bois et où nous allons manger un ragoût de boulettes. Puis on reprendra le car en direction cette fois de Louvain-la-vieille non sans s’arrêter pour apercevoir ce qui reste de l’abbaye cistercienne de Villers-la-Ville. La journée allait connaître une finale en beauté en ce qui me concerne en pays flamand : l’hôtel de ville toute belle dans son architecture restaurée. Ville universitaire depuis des lunes qui rivalise au même titre avec Louvain-la-neuve francophone. Avec à ses côtés, la belle église gothique Saint-Pierre. Après le souper, promenade avec les amis Lise, Yolande et Réal au Parc du Cinquantenaire, avec sa copie d’arc de triomphe.
Lundi 24 mai, journée libre. Jean notre guide prend aussi congé. À pieds levés, Aline — à qui nous sommes reconnaissants — s’offre pour le remplacer, secondée par Robert, son conjoint pour ceux et celles qui veulent découvrir Anvers. Une bonne partie du groupe dont je suis, embarque sans se faire prier. Le train nous amène donc en criant lapin à la gare complètement restaurée du 2e port en importance de l’Europe après Rotterdam. Ville devenue un haut lieu de la mode depuis les années 1990, et depuis plus récemment du diamant, ce que pourrait corroborer Raymond M. Ville du militantisme plus exacerbé pour la séparation d’avec la Wallonie, nous a-t-on dit aussi. Cela n’enlève rien à son charme, comme va en témoigner notre visite. Une longue marche sur une grande rue commerçante nous amène au petit train pour nous en donner un meilleur aperçu. Le groupe s’est attardé d’abord à la cathédrale Notre-Dame pour la bonne raison qu’elle abrite quelques chefs-d’œuvre majeurs de la peinture flamande, dont 4 tableaux monumentaux peints par Pierre Paul Rubens : l’Érection de la croix (triptyque), l’Assomption de la Vierge, la Descente de la croix, la Résurrection du Christ. Dans le style du plus pur gothique avec trois tours dont l’une de 123 mètres de haut, sa construction s’étendit sur deux siècles de 1352 à 1521. Pas très loin, l’hôtel de ville trône sur la Grand Place avec la fontaine Brabo entouré de maisons cossues comme on en a vus plein en Flandre. Le château puis un autre béguinage ont commandé un détour avant de reprendre le train et d’arriver à l’hôtel à 18 h 00. Le lendemain, la visite pour le groupe des Musées royaux des beaux-arts, et moi faisant bande à part, en choisissant le nouveau musée attenant consacré à Magritte, histoire de bousculer mes repères en art. En après-midi, une rencontre avec un groupe d’aînés de la FERPA pour nous rendre compte qu’eux vivent la même problématique concernant la situation des aînés que nous, même combat donc. Urgence aussi de créer des solidarités outre frontières. Pour clôturer comme il se doit, notre escapade flamande, repas d’adieu en soulignant les anniversaires de Thérèse et de Yolande. Laissons le dernier mot justement à Magritte : «Le mot Dieu n’a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant.» Comme pour les autres chroniques, je vous réfère au site pour retrouver une sélection de photos (photos 8) illustrant mon récit. FIN
Mots clé : Flandres
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