LAVAL, colloque 2004


GILLES TITTLEY

VIEILLIR ET GRANDIR EN SANTÉ
Une question d’information, d’éducation, de prévention
et de solidarité avec tous les âges
 
RAPPORT D’UNE JOURNÉE DE RÉFLEXION
ORGANISÉE À LAVAL LE 23 AVRIL 2004
PAR ET POUR LES AÎNÉS 

CONTACT À LAVAL
GILLES TITTLEY, coordonnateur du groupe lavalois
42 Place Giroux, Laval, H7N 3J2
450- 681 7622    gilles.tittley@videotron.ca

 

  La conférence du matin :
 
LA SANTÉ AUJOURD’HUI : RÉALITÉS ET ENJEUX
 
par Jean CARETTE,
professeur retraité de l’UQAM, spécialisé en gérontologie sociale
Président du Mouvement ESPACES 50 PLUS

1 000 000 d’hommes et de femmes ont 65 ans et plus
13 % de la population du Québec

Groupe d’âges
nombre
Augmentation en 10 ans
65/74 ans
544 788
+ 14 %
75/84 ans
318 757
+ 33%
85/89 ans
65 380
+ 53 %
90 ans et +

31 405
+ 23 %
Total :
950 330

 
Une espérance de vie importante

À 65 ans
Sans incapacité
Avec une légère incapacité

Avec une incapacité modérée ou forte
Crédit total moyen à 65 ans
Hommes
8,4 ans
3 ans
4,1 ans
15,5 ans
Femmes
9,5 ans
3,7 ans
6,8 ans
20 ans

 
Espérance de vie à la naissance :
Hommes        76,33 ans dont 61 ans en bonne santé
Femmes         81,90 ans dont 63 ans en bonne santé
 
En 70 ans, les hommes ont gagné 20 ans de vie et les femmes 30.
Ce formidable progrès est dû aux progrès de l’hygiène, de la médecine et de la chirurgie, aux médicaments et vaccins. Mais ce progrès est menacé par le retour des maladies infectieuses, par les nouvelles maladies, par les pollutions, par les toxicomanies et autres mauvaises habitudes de vie.

8 RECETTES INFAILLIBLES
POUR VIEILLIR ET MOURIR PLUS VITE QUE TOUT LE MONDE


1.  l’inactivité physique et mentale;
2.  la fast-bad food, ou le contraire des bons conseils du guide alimentaire;
3.  le stress, à petites doses quotidiennes;
4.  les toxicomanies (alcool, tabac, drogues et médicaments, etc, etc);
5.  la précarité croissante des revenus de retraite;
6.  la pollution, sous toutes ses formes;
7.  les dépendances physiques et affectives;
8.  l’absence de services de première ligne.


Les principaux problèmes de santé déclarés après 65 ans

Rhumatismes
35%
Maladie cardiaque
20%
Cataracte
19%
Diabète
13%
Glande thyroïde
12%
Asthme
8%
Incontinence urinaire
7%
Bronchite chronique
7%
Allergies alimentaires
6%
Glaucome
5%
Cancer
4%


POURCENTAGES ET NIVEAUX D’INCAPACITÉ
 

NIVEAU
65/74 ANS
75 ANS ET +
Sans incapacité
66%
44,7%
Incapacité compensée
et sans désavantage
8,9%
10,5%
Activités limitées sans dépendance
7,1%

5,5%
Dépendance légère
9,9%
14.4%
Dépendance modérée ou forte
8,1%
25%

 
D’OÙ VIENT L’AIDE ?
Surtout DU CONJOINT ET DE LA FAMILLE
pour les hommes mariés
pour les veufs et veuves
 
et surtout DU SECTEUR PUBLIC ET COMMUNAUTAIRE
            pour les femmes sans conjoint ni enfants
            pour les femmes en couple ou divorcées
 
160 000 (1/6) reçoivent des aides et/ou soins à domicile venant d’organismes publics ou communautaires conventionnés
 
De plus, 25 000 reçoivent des services externes de CHSLD (Centres hospitaliers de soins de longue durée)
 
et 40 000 résident en CHSLD.
 
 
LES CONDITIONS DE VIE INFLUENCENT LA SANTÉ
 
1.           L’ÉTAT-CIVIL
48% sont légalement mariées
32% sont veufs ou veufs
20% sont célibataires, séparés ou divorcés
 
2.           LE LIEU DE RÉSIDENCE
80/84 % vivent au domicile
6/10 % vivent en résidence avec services
10% vivent en ménages collectifs
 
3.           LES FINANCES
25% vivent sous le Seuil de faible revenu
50% touchent le Supplément de revenu garanti
(après 75 ans, 70% des femmes et 52% des hommes)
7% touchent la totalité du Supplément de revenu garanti
 
revenu moyen des hommes :   23500 $
revenu moyen des femmes :   15046 $
 
4.           LE RÉSEAU SOCIAL
31% vivent seuls à domicile
3/4 des femmes et 2/3 des hommes ont enfants et petits-enfants
Tous ont en moyenne + de 3 frères ou sœurs survivants
 
 
 
 
NOUS SOMMES INÉGAUX DEVANT LA VIE
MAIS AUSSI DEVANT LA MORT
 
ESPÉRANCE DE VIE À LA NAISSANCE
 
Territoire du CLSC René Cassin
(Ouest de l’Ile de Montréal). . . . . . . . . .  plus de 81 ans
           
Territoire du CLSC des Faubourgs
(Centre-sud de la ville de Montréal). . . . . . moins de 71 ans
 
soit 11 années d’écart !!
 
LA PAUVRETÉ EST AUSSI UN PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE
 
Plus on est au bas de l’échelle sociale, en particulier dans une société opulente et technologiquement avancée, plus on est frappé par le chômage, la pauvreté, la monoparentalité, la faible scolarité, et par une crédit de vie moindre.
 
LES INÉGALITÉS DEVANT LA VIE, LA SANTÉ, LA MORT
 
Comme le dit le rapport 2000 de l’Organisation mondiale de la santé :
 
« …l’écart entre riches et pauvres se creuse, si l’on dissocie, à l’intérieur de l’espérance de vie, les années de vie en bonne santé et les années de vie avec incapacité. De fait, non seulement les pauvres vivent moins longtemps que les autres, mais en outre ils passent une plus grande partie de leur vie avec une incapacité.»
 
  
LE PRIX (DIRECT) DE LA MALADIE (ET DE LA SANTÉ?)
 

1996
2002
écart
Richesse produite
180.5 milliards
245.5 milliards
65 milliards
ou + 36.01%
Dépenses en santé
20.03 milliards
soit
11.09% du PNB
26.73 milliards
soit 10,.89% du PNB
+ 33.45%
dont dépenses publiques
14.58 milliards (72.8%)
19.46 milliards
(72.8%)
et privées
5.45 milliards
(27.2%)
7.27 milliards
(27.2%)
Y compris les assurances privées
Population totale
7 246 900
7 443 500
+ 2.71%
Richesse moyenne  produite par habitant
24 911 $
32 990 $
+ 32.43%
Richesse moyenne  produite par habitant
24 911 $
32 990 $
+ 32.43%
dont pour la santé
2763.73 $
3590.66 $
+ 29.9%
dont en taxes et impôts
2012.00 $
2614.00 $
et directement de notre poche
751.73 $
976.66 $


LA CHARGE AUGMENTE EN VOLUME
MAIS DIMINUE EN POURCENTAGE DE LA RICHESSE COLLECTIVE
 
“ En 1985, une projection fondée sur un taux de croissance réel annuel du PNB variant entre 2% et 2,5% par année, démontrait que, s’il n’y avait pas de changement dans les programmes sociaux, les dépenses relatives à la Sécurité du revenu et aux soins de la santé des aînés passeraient de 20,8% à 16% entre 1984 et 2031.”
 
Monica TOWNSON, Le contrat social et les aînés : préparer le XXI† siècle, rapport du Conseil consultatif national sur le troisième âge, CCNTA, Ottawa, Mars 1994.
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« La façon dont une société stabilise l’emploi et les cycles économiques ou autres, met en place des stratégies contre la pauvreté, le crime et l’usage des drogues et stimule la croissance économique et le progrès social, a une influence au moins aussi grande sur la santé que la quantité et la qualité des ressources investies dans le dépistage et le traitement de la maladie.»
Marc RENAUD, sociologue
Ê tre ou ne pas être en bonne santé
Presses de l’Université de Montréal, 1996
 
ALORS, 1 000 000 000  $ ET PLUS
DANS DEUX HÔPITAUX ULTRAMODERNES ?
OU DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ?
 
 
 
3 PRIORITÉS… PRIORITAIRES
 
1,   Une première ligne réelle,
efficace, multidisciplinaire, accessible.
 
2,   Des services à domicile partout, 24h,7 jours sur 7
 
3.   Des services et soins,
      mais aussi compassion et tendresse.
(en Anglais : care et non cure)
 
Mais aussi :
 
1.           Prévenir plus que guérir.
 
2.           Revaloriser et soutenir les liens de proximité (solidarités des familles, du voisinage, des communautés et cultures, des générations).
 
3.           Faire des choix collectifs éclairés, débattus et égalitaires en termes d’investissements, de recherches, d’interventions, de technologies.
 
4.           Prendre en compte les facteurs sociaux et humains au moins autant que les facteurs techniques et médicaux.
 
5.   Enfin se rappeler
            qu’1,2 milliard d’humains boivent de l’eau polluée;
que le manque d’eau potable fait 10 fois plus de morts que les guerres chaque année;
qu’1,3 milliard d’humains ont moins de 1 dollar/jour;
qu’un autre 1,6 milliard ont moins de 2 dollars/jour;
etc.
Les 4 ateliers
 
ATELIER 1 : LA SANTÉ PHYSIQUE PAR L’ALIMENTATION
ANIMATION : Lucile Martin Bordeleau, conseillère en alimentation et naturopathe diplômée de l'Institut de naturopathie du Québec et  auteure de: "Les bonnes combinaisons alimentaires" , "220 recettes végétariennes" et "Vitamines et Minéraux".
 
On sait que l'alimentation nous donne soit une bonne santé ou soit une mauvaise santé. L'alimentation est le carburant de mon corps. Tout comme l'essence l'est pour ma voiture. Qu'arrive-t-il quand je mets du carburant non adéquat, on dit le moteur cogne. Il nous faut donc se bien alimenter, i.e. choisir des aliments les moins chimifiés, les moins carencés, des aliments complets comme du pain de blé entier, du riz entier au lieu du riz blanc, etc… Ces aliments auront pour effet de prévenir la maladie, de garder sa santé et de la recouvrer si nous l'avons perdue. À cela, il faut ajouter, si nous voulons avoir une santé florissante, la technique des Bonnes Combinaisons Alimentaires, qui  est la science ou la connaissance de la compatibilité des aliments entre eux, i.e.  savoir quoi manger avec quoi pour éviter gaz, ballonnements, maux de tête, migraines, constipations, indigestions, etc.. Car des aliments mal agencés, mal combinés nous apporteront des problèmes plus ou moins graves. Ex.: pommes de terre et viande, riz et poisson, farine et sucre (gâteau), fruits et sucre sont des mauvaises combinaisons. Car amidons et protéines ne vont pas ensemble.
 
Voici grosso modo la raison: dans notre estomac nous avons des sucs gastriques, acides très doux pour digérer les amidons et des sucs gastriques fortement acides, pour digérer les protéines. Donc si dans un même repas je mange ou du riz ou du pain ou des pommes de terre, etc. (amidons) avec ou de la viande ou du poisson ou du fromage ou des œufs, etc. (protéines), voici ce qui va se produire: pendant les deux premières heures de ma digestion, mon estomac, au lieu de sécréter un suc gastrique presque neutre pour digérer les amidons, sécrétera immédiatement un suc gastrique fortement acide, ce qui aura pour effet d'arrêter brusquement la digestion des amidons. Résultat: fermentation des amidons et putréfaction des protéines. Donc mon sang au lieu de charrier des bons nutriments, charriera des déchets. De là tous les malaises que nous ne voulons pas: maux de tête, migraines, ballonnements, gaz, somnolence, etc…
Voici l'alimentation idéale d'une journée:
Déjeuner: fruits à satiété ( une collation, encore des fruits)
Dîner: salade de crudités ou crudités avec amidons :riz, légumineuses, etc  (encore faim, collation avec bâtonnets de carotte, de céleri ou piment)
Souper: salade crudités avec protéines. (la faim vous tenaille vers 22h, une pomme). La pomme contient du brome qui aide à dormir.
À remarquer : nous ne finissions pas les repas par un dessert.
Pour en savoir davantage vous pouvez vous procurer mes livres chez EDIMAG, l'Éditeur populaire, dans tous les magasins d'aliments naturels, les librairies et chez moi au 450-688-8205.
À la bonne alimentation , ajoutez l'exercice physique et vous verrez que la vie est belle. Avant de terminer, je vous dis que si nous n'allons pas à la cause de nos malaises, qui est l'alimentation fautive, le gouvernement aura beau injecter des millions et des millions de dollars dans le système de santé, ça n'enrayera pas la maladie et les listes d'attente dans les hôpitaux seront de plus en plus longues non seulement pour les personnes âgées mais aussi avec la jeunesse.
 
Lucile Martin Bordeleau, n.d.
 
ATELIER 2 : LA SANTÉ MENTALE : Être bien dans sa peau
Animation : Pauline St-Jacques, Psychologue
Témoin : Nicole Goulet 
 
On dit que notre siècle vit « l’invention de la jeunesse. »
Évidemment l’espérance de vie antérieurement était basse; la vieillesse a été inventée exprès pour nous.
 
Plusieurs auteurs se sont donc penchés et ont étudié plusieurs facteurs qui contribuent au vieillissement réussi.
On peut en citer 3 composantes :
–      une faible probabilité de maladie;
–      de bonnes capacités intellectuelles et physiques;
–      un engagement actif.
Cela devrait nous aider à réussir notre vieillesse.
 
Nous avons vu, par quels processus nous pouvons y arriver. Entre autres :
–      La sélection – Nous sélectionnons nos choix : quand nous vieillissons, nos capacités n’étant pas les mêmes, il est possible de s’adapter par ces processus !
–      L’optimisation – dans les moyens de poursuivre notre but;
–      La compensation – il s’agit d’obtenir un fonctionnement optimal avec les moyens disponibles qui sont souvent beaucoup moins grands.
 
En conclusion, le vieillissement réussi n’est pas lié à l’absence d’incapacité mais plutôt à des attitudes.
 
Aussi, nous n’avons pas le choix de vieillir, mais nous avons le choix de la manière de vieillir.
 
 
Période de questions : les sujets abordés parlaient des différentes manières de vivre le vieillissement, qu’on soit un homme ou une femme. Aussi, comment trouver « le bon côté » du deuil ?
Il y a eu des questions concernant les difficultés dans les relations intergénérationnelles – le rôle des grands-parents.
 
Suite à cela, Nicole Goulet a fait un exposé sur les bienfaits de la respiration abdominale consciente, appliqués aux périodes de tension et de stress que nous vivons. Nous avons fait quelques petits exercices, bien saisis par les participants-es et qui sont susceptibles de nous être utiles; retour au calme assuré ! 
 
Nous avons pu bénéficier de la participation de Marie-France Phisel, vice-présidente de l’Association étudiante de la Polyvalente Deux-Montagnes; un apport fort apprécié.
 
En conclusion souhaitons-nous à chacun, chacune, que notre chemin du vieillesse soit un chemin de sagesse. 
 
 
Rapport de Huguette BEAULAC, secrétaire de l’atelier.
 
ATELIER 3 : LA SANTÉ SOCIALE: être intégré et participant à la vie sociale.
Animateur :  Gilles Fournier
Témoin :              François Teasdale
Gilles Fournier a débuté en nous citant : Hervé Desbois :
« Si vous voulez connaître le bonheur, soyez utile! ».
É douard Pailleron : 
« Le seul bonheur qu’on a vient du bonheur qu’on donne ».
L’Abbé Pierre : 
«C’est dans le non-partage que réside l’injustice »
 
Puis il a poursuivi en nous rappelant des aînés qui ont décidé d’agir devant certaines situations que personne défendait.  Le Père Pop, qui à 60 ans a organisé « La Roulotte dans la Rue » pour les jeunes sans abri ou en difficulté.  Aussi toutes les Maisons des Grands-parents qui se multiplient et près de nous DIRA qui dénonce, informe et accompagne les personnes âgées victimes de violence.
 
François Teasdale nous a fait part de son expérience.  Avant de prendre sa retraite il était bien engagé dans le syndicat à son travail.  Alors quand il a pris sa retraite il a ajouté de nombreuses fonctions dans différents organismes en acceptant toujours des postes importants.  Mais après quelques années à ce rythme il a reconsidéré ses engagements et en a choisi deux :  un qui a un lien avec sa santé et Espaces 50 + Laval.  Il a compris qu’un certain équilibre était nécessaire dans sa vie.
 
Gilles Fournier a souligné la difficulté de trouver des bénévoles.
On remarque que des gens de situation modeste sont plus enclins à s’impliquer, les bien nantis sont plus individualistes.  Est-ce que c’est un manque de maturité?
 
On a aussi parlé du bénévolat familial, de couple.  Aussi un bénévolat que pratiquent certaines personnes en étant chauffeur pour de grands évènements sportifs tel que le tennis.  Leur but est de côtoyer des sportifs célèbres.
 
Est-ce que la santé sociale des bénévoles est supérieure à ceux qui ne font pas de bénévolat?  Une personne a répondu spontanément :  OUI.  Puis on a ajouté aussi que les personnes pouvaient par les loisirs posséder une bonne santé sociale.
 
Un participant nous a fait part de sa constatation :  pour faire longtemps du bénévolat, souvent la personne a besoin de changer de secteur de bénévolat.  Il faut qu’elle se sente heureuse, enrichie par ce qu’elle fait, qu’elle trouve un élément de croissance personnelle, qu’elle puisse développer sa créativité.
 
Souvent on retrouve à la retraite des gens qui se sont engagés durant leur jeunesse.
 
Une question sans réponse : Pourquoi plus de femmes que d’hommes s’engagent?  Certains organismes demandent des cours avant de commencer le bénévolat, ce qui rebute certaines personnes.
 
Question :  Doit-on organiser un service civique à la retraite ?
Réponse :   Ce serait une révolution.
 
Le bonheur ne réside pas dans « avoir » mais dans « ÊTRE ».
 
 
Rapport de Mariette Barriault, secrétaire de l’atelier.
 
 
 
ATELIER 4 : LA SANTÉ DES VALEURS
Animation : Raymond LASNIER, médecin retraité.
           
 D`entrée de jeu, nous avons constaté qu`il est assez difficile de cerner les notions de valeur et de culture alliées à la santé. Sans en arriver à une définition commune, nous avons retenu que valeur " signifie ce qui est posé comme vrai, beau, bien selon des critères personnels ou sociaux et sert de référence ", et que culture s`oppose à "ce qui est inné chez une personne, telles les connaissances, les attitudes... " Les valeurs sont donc individuelles ou collectives et la culture s`acquiert  et  n`est pas héréditaire.
Un constat s`impose, au fil du temps les valeurs changent, même que certaines disparaissent, tandis que d`autres émergent.  Par exemple, les valeurs familiales sont en mutation, la pratique organisée de la religion diminue et l`environnemnent prend de plus en plus d`importance. Sans épuiser la liste des valeurs privilégiées par la société québécoise, cette dernière accorde beaucoup d`importance à la famille, la santé pour tous, ( M. Raymond Lasnier nous a entretenus des ravages de l`Alzeimer et des espoirs suscités par les recherches les plus récentes), la démocratie, l`éducation-instruction, la spiritualité-moralité, l`économie, ( production et répartition de la richesse ), le bénévolat, le respect, les soins palliatifs et l`environnement.
Ces échanges nous ont permis d`être plus conscients que les valeurs et la culture influent directement sur la santé, soit en l`augmentant ou en la diminuant.  
Un merci particulier à l`étudiant Jean-Francois Beauchamp-Rivet qui souhaite voir apparaître un nouveau code de valeurs alliant les anciennes et les nouvelles.
 
  Rapport d’Antonio LAVIGNE
La table ronde
 
Après le visionnement de «L’âge ne fait pas le moine», vidéo réalisé par Stéphane TRÉPANIER, agent de communications au CLSC Montréal-Nord à l’occasion de l’Année Internationale des personnes âgées, une table ronde a réuni, autour du réalisateur et de Jean CARETTE, Jean-Guy BOUDREAULT, directeur général de la Commission Scolaire de Laval, Jean-François BEAUCHAMP-RIVET, président et Marie-France PISEL, vice-présidente de l’Association étudiante de la Polyvalente Deux-Montagnes, et Marie-France PISEL, Antonio LAVIGNE, du groupe ESPACES 50 + de Laval et Michel RIOUX, journaliste retraité et syndicaliste.
 
Les principales conclusions
 
Les relations intergénérationnelles ne sont plus «naturelles» comme au sein des communautés d’autrefois. Il faut désormais faire les efforts nécessaires pour les susciter, les animer, les encadrer et les développer.
Les relations entre les groupes d’âges ressemblent souvent à des rapports sociaux conflictuels, où règnent la compétition et la concurrence, et où chaque groupe se méfie et se protège de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’âgisme.
Pour sortir de ces ghettos ségrégatifs, il conviendrait de mettre des énergies à changer nos habitudes, analyser nos préjugés et accroître nos tolérances, faciliter le contact, l’écoute, la rencontre, le débat, reconnaître et respecter les différences d’âge et de culture, de valeurs et d’intérêts en vue de renégocier un contrat de solidarité entre les groupes d’âge. La société y trouverait un levier très efficace de développement et de cohésion, et la santé mentale de chacun s’en trouverait améliorée durablement.
 
 
 
VERS DES ÉTATS GÉNÉRAUX DU VIEILLISSEMENT
 
Un appel de Gilles TITTLEY coordonnateur d’ESPACES 50 + à Laval.
 
« Tant de choses ont été dites, écrites ou faites concernant le vieillissement. pour certains, c'est un naufrage; pour d'autres, une catastrophe. Pour d'autres, une inévitable maladie appréhendée. Et pour certains autres, une marche vers l'inconnu mais entreprise avec enthousiasme. Pour d'autres encore plus ou moins nombreux, c'est une étape vers l'aventure qu'on a souhaitée et préparée. Mais qu'en est-il  exactement dans une société remplie de contradictions et de replis sur soi-même, où les enjeux sont fixés par la productivité et la rentabilité? Qu'en est-il donc du respect de ceux qui vieillissent? Qu'en est-il de ces bâtisseurs  qui poursuivent leur route jusqu'à l'épuisement d'eux-mêmes et de leurs ressources? Qu'en est-il de ces aînés qui ont tout donné et à qui souvent on fait des reproches d'être ce qu'ils sont et même de ce qu'ils ne sont pas? Oui, qu'en est-il de ces auteurs de nos jours qui voudraient se sentir appréciés, estimés, aimés et respectés? Entre arriver et partir, il y a toute une aventure que tout être est appelé à vivre dans la complicité avec les générations qui l'entourent et cela dans la dignité.
 
Il y a de quoi réfléchir et des actions sont à prendre. Tant de choses ont été dites et faites mais il reste tant à faire. Toute la société est concernée par ce phénomène du vieillissement  et c'est pourquoi des États Généraux devraient être organisés afin que notre pensée et notre action collectives soient orientées dans des politiques qui respectent les aspirations, les rêves et les besoins non seulement des aînés mais de tout être en cheminement.
 
Nous mettons des années de préparation avant d'entrer sur le marché du travail: quel temps consacrons-nous pour en sortir et aller vers la retraite? Que faisons-nous des étapes que doivent franchir les retraités une fois sortis du marché du travail? Comment organisons-nous la retraite? Est-ce la voie d'évitement ou la voie de service?
 
La retraite se prépare psychologiquement, financièrement, individuellement et collectivement. Beaucoup d'aspects sont à envisager. La vie se déroule rapidement: des étapes sont à préparer, à planifier et à imbriquer dans toute vie communautaire. Avant d'atteindre cette étape inexorable qui marquera la fin, il faut vivre toutes les autres étapes dans la dignité et le respect.
 
Et pour que les générations s'acceptent, se comprennent et se complètent, les États Généraux sur le vieillissement fourniront l'occasion à tous les représentants des divers milieux et strates de la population de s'exprimer, d'étudier et de découvrir les moyens d'améliorer le sort de nos aînés et partant de toute la collectivité.»
 
Gilles TITTLEY,
coordonnateur d’ESPACES 50 + pour Laval.
 
 
UN GRAND MERCI
À TOUS NOS GÉNÉREUX COMMANDITAIRES
 
   Caisse Desjardins de Saint-Claude
      Pascal Cobello, directeur général
 
   Commission scolaire de Laval
 
   Députée fédérale de Laval-Est
      Carole-Marie Allard
 
   Député provincial de Laval-des-rapides
      Alain Paquet
 
   Equipements d'hôtels et restaurants Trois Étoiles (G.L.)inc.
 
   Garage Laframboise
 
   Massothérapie Lise-Anne Briand
 
   Métro Dépatie
 
   Proactivité
      Nicole Goulet
 
   Réseau Sélection (résidences pour personnes retraitées)
 
   Services administratifs P.V. inc.
      Papeterie et articles de bureau
 
   Van Houtte Robert Ménard
 
ET À TOUS LES VOLONTAIRES DU GROUPE ORGANISATEUR