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ÉDITORIAL
SEPTEMBRE 2004-09-01
ESPACES 50 + : UN MOUVEMENT CITOYEN
L’âgisme est dans l’air. Celui de la politique, par
exemple, où on montre la porte à un chef de parti, non
parce qu’il serait incompétent ou malhonnête, mais
sous le prétexte de ses soixante-dix ans. Celui aussi des médias
où un chroniqueur ose recommander à Monsieur Parizeau
de s’exiler dans une île lointaine et de ne plus intervenir
dans le débat politique en raison de son âge avancé.
Nous sommes chaque jour témoins de tous ces gestes de mépris,
tous ces préjugés dans les attitudes et
dans les perceptions.
Membres, amis et partenaires d’ESPACES 50 +, nous sommes d’abord
des aînés citoyens mobilisés pour agir contre l’âgisme,
pour faire bouger les choses, et par exemple, faire changer une loi
inique pour les retraités, affirmer ou défendre un droit,
celui des aînés et des autres, faire bouger les gens,les
individus ou les groupes et par exemple travailler à enrayer
l’âgisme, si présent dans les attitudes et les perceptions,
développer des partenariats avec les groupes progressistes,
sans exclusive mais sans naïveté, partout où des
aînés se mobilisent et agissent en faveur de plus d’égalité et
de liberté, partout où la démocratie est menacée,
partout où quelqu’un est méprisé et discriminé.
À
ESPACES 50 +, nous commençons une deuxième année
d’action autonome. Désormais dotés de statuts,
avec un nouveau CA, nous nous proposons une priorité «prioritaire» :
développer l’éducation citoyenne. D’abord
comme un plaisir : celui d’échanger en public, et
parfois de confronter nos opinions sur les grands enjeux sociaux et
culturels de l’heure. Mais aussi comme un droit : celui
de nous donner des outils plus efficaces pour comprendre et pour agir,
celui de pouvoir utiliser et fréquenter les institutions d’enseignement
public, commissions scolaires, collèges et universités,
dans le cadre d’un partenariat reconnu et valorisé. Parce
que la vie citoyenne s’apprend, et pour donner les pleins pouvoirs à notre
parole publique. Parce que la démocratie est toujours à faire,
et pour redéployer ses champs d’action. Parce que la politique
nous concerne, et pour nous y impliquer. Parce que les âges de
la vie, tous les âges de la vie doivent vivre en solidarité,
et pour en inventer les moyens. Parce que les cultures, toutes les
cultures sont une richesse collective, et pour donner plein droit de
cité aux communautés, toutes les communautés.
Parce que les débats sont nécessaires, et pour les faire
servir au développement collectif. Parce que la justice et l’égalité sont
nos valeurs, et pour mieux travailler à leur promotion. Parce que
la maturité est un atout, et pour apprendre à être, à connaître, à faire
et à vivre ensemble, tout au long de la vie. Parce que la majorité des
composantes de notre système public d’éducation
(commissions scolaires, CEGEP et universités), malgré quelques
initiatives, ne sont pas encore en mesure de remettre en question leurs
attitudes âgistes et de répondre aux demandes des aînés
qui souhaitent vivre une maturité et une retraite citoyennes
et pour développer avec elles de nouvelles formes de partenariats
citoyens, au-delà de leur souci de notre mise en marché.
Parce que les aînés veulent en finir avec la «mort
sociale», et pour nous rendre pleinement acteurs et partenaires.
Parce que l’autonomie est une conquête, et pour nous en
donner les bons outils. Parce qu’il y a trop d’âgisme,
et pour participer à toutes les décisions qui nous concernent.
Parce qu’il y va de notre droit d’aînesse, et pour
l’exercer dans le respect des droits de tous. Parce que les aînés
ont bâti la société, et pour améliorer
cette construction collective.
Jean CARETTE,
Président d’ESPACES 50 +.