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L'éditorial
de Mai 2004
UN
AN A PASSÉ
Le
2 juin prochain, réunis en Assemblée Générale,
nous adopterons nos statuts et nous élirons un Conseil d’administration
renouvelé pour 2 ans. À partir de cette date, notre
existence sera officielle et reconnue, autrement dit notre volonté collective
de changer les choses, les habitudes et les mentalités, les
pratiques et les programmes, les institutions et les lois. Pour que
la vie vaille d’être vécue, pour que l’avance
en âge ne soit plus le synonyme obligé de déclin
et de dégringolade, pour que les aînés soient
reconnus comme des citoyens à part entière, des adultes
d’expérience, des atouts pour la société et
son développement, et non des charges toujours trop lourdes.
Rappelez-vous il y a un an : la direction de l’UQAM nous expulsait
de notre Agora, après en avoir refusé l’inauguration.
Dans ses petits souliers, le recteur avait reconnu ses torts, ceux
de ses collègues ou de certains cadres et nous avait invités à passer
l’éponge sur le scandale et les insultes âgistes.
Un an plus tard, je suis fier d’avoir dit non, flairant l’hypocrisie
du discours et le danger d’une nouvelle récupération
intéressée. Il était trop tard; l’institution
n’était guère prête à un honnête
partenariat avec les aînés de la communauté,
et ses dirigeants ne songeaient qu’à la rentabilité d’un
marché étudiant moins jeune, incapables de saisir les
enjeux et les conditions d’un réel changement social.
Il faudra patienter avant qu’une institution comme l’UQAM
soit dotée d’une direction plus sensible aux visions
porteuses d’avenir qu’aux pressions de la haute finance.
Question de temps et de maturité.De notre côté,
nous avons trouvé les premiers chemins de notre liberté d’allure
et de l’autonomie de nos pratiques. Moins de clinquant, mais
plus de vrai; moins de mondanité, mais plus de volonté claire;
moins de paternalisme, et plus de respect et d’égalité.
Moins de petits pouvoirs, de petits intérêts, de petites
ambitions, de petites gens, de petits vieux, plus de services mutuels,
de désirs libres et joyeux, de plaisirs quotidiens, plus de
projets autoporteurs, plus de grandes personnes. Nous ne sommes ni
des bénéficiaires, ni des clients, ni des segments
de marché, ni des gadgets, ni des débiles gâteux
et manipulables, ni des retirés, mais des acteurs sociaux à part
entière et des citoyens en solidarité avec le vrai
monde de tous les âges.
Jean
CARETTE, PRÉSIDENT
d’’ESPACES 50 +
514-279 02 90
6344 Fabre, Montréal, H2G2Z1
carette.jean@sympatico.ca