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L’éditorial de février 2005


Temps d’écriture
Je laisse cette fois la place de cet éditorial à notre ami Gilles Tittley, bon pied, bon œil, bonne plume, bonne tête et bon cœur. Il nous a rédigé un texte qui fera réfléchir. Lisez-le, comme on apprivoise une pensée et comme on découvre une perspective : avec attention et bonheur. Merci, cher Gilles.
J .C.


LE TEMPS
Je crois que le mot temps est un des mots les plus utilisés dans une journée par tout le monde, quel que soit son rang social ou sa condition de vie. Jeune ou vieux, chacun emploie ce mot à toutes les sauces. Et combien d’expressions y sont rattachées avec des significations les plus diverses! Les poètes ont décrit le temps de toutes les manières et les humains l’ont vécu et le vivent chacun selon son destin.
On dit que le temps c’est « la mesure qui nous sépare de l’éternité ».
Le temps semblerait bien sans limite mais il a fallu le mesurer. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années, les siècles et les millénaires, voilà autant de mesures qui précisent le temps.
Et comme notre époque est une époque de vitesse, les minutes, c’est trop long et les secondes pour mesurer le dépassement d’un coureur, doivent être fractionnées. C’est donc par une fraction de seconde que l’athlète remportera la victoire. Il ne suffit plus de courir ou de jouer : il faut se dépasser. Ainsi en est-il de la vie de chacun et de chacune : il faut se dépasser. Et pendant ce temps si minuté, certains en ont des heures à perdre parce qu’ils ne peuvent pas participer ni à telle course, ni à tel jeu, ni à d’autres activités. Comme s’ils ne pouvaient participer au grand jeu de la vie.
Et nous, que faisons-nous de notre temps? Dans la bible, il est écrit qu’il y a un temps pour chaque chose. Il y a un temps pour arriver et un temps pour partir. C’est la sagesse même.
Dans son livre : l’Art du Temps, Jean-Louis Servan-Schreiber nous parle du temps qui nous manque, un peu comme d’une maladie qu’il faut soigner. Ce qui selon lui fait obstacle à la maîtrise de l’emploi de notre temps se divise en quatre catégories :
1- Nous ne nous connaissons pas assez nous-mêmes;
2- Nous ne connaissons pas assez bien le TEMPS;
3- Nous nous laissons trop encombrer par nous-mêmes et par les autres;
4- Nous ne réfléchissons pas assez sur l’emploi que nous faisons de notre TEMPS.
Songeons à quelques expressions sur le temps :
Prendre du temps – donner du temps – perdre du temps – être à temps – parler à temps et à contretemps – voler du temps – gagner du temps – tuer le temps – passer son temps – à temps partiel – à plein temps – temps surnuméraire – juste à temps – sauver du temps – le temps, c’est de l’argent – être de son temps – dans mon temps – beau temps, mauvais temps – temps légal – disposer de temps – avoir tout son temps – prendre son temps – mesure à deux temps – deus temps, trois mouvements – temps d’accès – temps difficiles – temps de guerre – temps de paix – temps partagé – compter son temps – temps choisi – faire son temps – temps présent – temps passé – avant le temps – de temps en temps – avant longtemps- quelque temps – de tout temps - à court de temps – en temps et lieu.
Et en attendant , pensons à cette citation de Paul Claudel : » Ce n’est point le temps qui manque, c’est nous qui lui manquons. »
Peut-être devrions-nous prendre du temps pour mieux répartir l’emploi de notre temps? C’est à faire réfléchir.
Gilles Tittley


 
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