Quand un parti ou un pouvoir institué détournent illégalement
une part de nos impôts à des fins partisanes et secrètes,
quand un politicien cache son banditisme derrière les beaux
atours du pouvoir ministériel, quand des tricheurs organisent
leurs complicités et leurs réseaux de copains et coquins
pour se remplir les poches à notre insu et à nos dépens,
quels que soient le parti ou l’allégeance, nous éprouvons
frustration, dégoût, mépris, colère, jusqu’aux
nausées de la révolte.
Quand la vérité est dissimulée au public électeur
et citoyen, quand l’honnêteté est systématiquement
et cyniquement bafouée, il est normal, nécessaire et
rassurant que nous vivions une crise de confiance profonde, car ce
sont nos valeurs les plus chères qui sont en cause.
Mais il faut aller plus loin, plus large, plus profond.
Au-delà de la crise de confiance, ce sont nos institutions
collectives, nos façons de vivre ensemble, nos règles
du jeu commun, nos droits et libertés qui sont en cause. C’est
la démocratie elle-même qui en prend pour son rhume
et sa survivance. Rappelons-nous l’histoire : les prises de
pouvoir autoritaire ont toujours lieu sur un fond de malversations
et de corruptions de l’État et de certains groupes dirigeants,
et le pourrissement des pratiques politiciennes entraîne ou
facilite le plus souvent l’accès aux pouvoirs d’ennemis
de la démocratie, c’est-à-dire du débat,
de la tolérance, du souci du bien commun et des libertés
de tous.
C’est pourquoi, au-delà des écœurements
et des colères, nous devons nous lever en citoyens pour réclamer
vérité et transparence, pour revendiquer et animer
des contre-pouvoirs collectifs qui, même s’ils sont coûteux
en impôts, le sont moins que le mensonge collectif et le non-droit.
Jean CARETTE,
Président d’ESPACES 50 +.
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