Madame la Ministre,
Madame et Monsieur les co-présidents,
Chers amis,
La société dans laquelle nous essayons d'évoluer ressemble à une bibliothèque dont on veut faire le ménage. Tous les livres et documents sont là épars. Il s'agit de savoir lesquels on va garder, donner ou jeter. Ainsi en est-il de nos valeurs, projets, coutumes ou traditions. L'évolution dans laquelle nous sommes engagés amène des interrogations et des remises en questions.
Ce n'est pas un procès amené par deux clans. C'est la société tout entière qui veut savoir quelle voie suivre à l'heure de la mondialisation et de la haute technologie. La tournée que vous avez entreprise m'apparaît opportune pour les aînés à dire ce qu'ils vivent ou ressentent.
Dans notre petit coin de terre vit ici une nation qui ne veut pas mourir, qui veut s'affirmer et être accueillante selon sa plus lointaine tradition.
Quel que soit son âge, on doit se garder alerte et toujours en tenue de service pour voir, juger et agir selon ses possibilités.
Les aînés avons été sondés, scrutés, analysés, jugés et parfois laissés pour compte parce que d'autres décident à notre place. Espaces 50+ n'accepte pas cette situation. C'est pourquoi nous avons lancé l'idée des états généraux sur le vieillissement et les âges en 2004.
- Le sort des aînés relève de la société tout entière. L'éducation par la famille et l'école, dès le jeune âge AU RESPECT particulièrement des aînés pourrait faire naître une véritable complicité des âges. Si je ne m'abuse, c'est au Japon qu'existe une journée consacrée aux aînés. Nous avons bien la Fête des Mères, la Fête des Pères, pourquoi n'aurions-nous pas les Fêtes des Aînés i.e. toutes personnes de 65 ans? Nous avons la Fête des Patriotes, pourquoi pas la Fête des Aînés? Un moyen d'échanger expériences et projets avec tous les âges.
- Comment les aînés se situent-ils dans la société? Pour le savoir et le faire savoir, il serait souhaitable que nous ayons une place particulière de dialogue par la voix des médias. Il y a bien des chroniques sur les plantes et les animaux. Pourquoi n'y aurait-il pas une tribune pour les aînés et ceux qui vont le devenir? Une façon d'informer et d'être informés.
- On sait que les personnes âgées sont parfois "placées" et laissées à elles-mêmes, voire abandonnées des leurs. Pourtant on sait que refuser assistance à une personne en détresse sur la route est criminel. Est-il moins criminel pour des enfants d'abandonner leur père, leur mère dans des centres d'accueil sans jamais les visiter quand ce n'est pas les violenter ou les exploiter? Il faut resserrer les contrôles.
- Les aidants naturels ne sont pas nécessairement naturellement aidés. Je m'interroge sur le fait qu'un fils, qu'une fille ou qu'un frère ou qu'une soeur aide un membre de la famille mais comme il ou elle n'est le conjoint de personne, il ou elle n'a pas le droit à la rente de survivant de la RRQ ou d'une rente privée. Deux personnes de même sexe peuvent être conjoints avec possibilité de bénéficier de la rente de survivant mais pas deux soeurs, deux frères, un fils ou une fille.
- Tout le monde souhaite que les aînés puissent se prendre en main au lieu d'être pris par la main et cela le plus longtemps possible. Les coopératives de soutien à domicile sont des outils merveilleux pour prolonger la vie communautaire des aînés.
Toutefois il y a un aspect qu'on ne doit pas négliger, c'est celui d'une saine alimentation. Il existe des écoles d'hôtellerie ou de restauration. Est-ce que par ces institutions on ne pourrait pas former des chefs spécialistes dans la restauration-santé destinée spécialement à ceux qui ont des problèmes ou qui veulent les éviter concernant le diabète ou le coeur? Si des établissements qui ont des menus-santé pouvaient s'afficher avec un label cela aiderait ceux qui suivent une diète sans sel ou sans gras ou autres.
Voilà quelques pistes de réflexion dans le but d'améliorer non seulement la qualité de vie mais aussi le goût de vivre longtemps avec tous ceux que nous aimons.
Gilles Tittley
Vice-président
Espaces 50+ Laval
Laval, 2007.09.21